Sportifs condamnés, pourquoi parient-ils encore ?

C’est la dernière bombe de la Jupiler Pro League, le championnat belge de football, le joueur d’Anderlecht, Olivier Deschacht, a été pris la main dans le sac après avoir effectué environ 2 500 paris en ligne sur son bookmaker préféré, Unibet. Agé de 36 ans, le joueur qui n’a disputé que 12 petites rencontres de championnat, risque une radiation de son équipe, mais aussi la suppression de son statut de joueur professionnel ! Alors qu’il est formellement interdit pour un sportif de miser sur sa discipline, voire sur toutes les autres, pourquoi ces athlètes n’arrivent pas à suivre à la lettre le règlement ? C’est que nous allons tenter d’analyser !

Un sportif professionnel n’a pas le droit de parier sur le sport

Dans un premier temps, il faut savoir que des lois existent bel et bien pour interdire les paris sportifs aux athlètes professionnels, tout comme à leurs proches. Forcément, cette législation prodiguée par les fédérations sportives, ou les Etats eux-mêmes, a pour objectif de lutter contre la corruption des rencontres ou contre toutes les tentatives de triches et de fraudes.

Alors que dans certains pays, les ligues et les fédérations de sports peuvent désormais croiser leurs informations avec celles des commissions de jeux, de nombreuses sessions de prévention sont tout de même déployées dans toutes les structures professionnelles. Ainsi, l’Union européenne a, par exemple, mis en place un programme nommé Protect Integrity, dans le but d’expliquer à tous les clubs de football, de basket-ball, de rugby et de handball, les notions essentielles au suivi de la loi. Malgré ces mesures de sensibilisation, le message n’est pas encore passé dans toutes les oreilles…

De multiples sportifs condamnés

Dernièrement, plusieurs cas de paris sportifs illégaux ont été démantelés du côté des athlètes professionnels. En Belgique, c’est le défenseur du RSC Anderlecht, Olivier Deschacht qui a été pointé du doigt par la Commission des jeux de hasard du Service Public Fédéral Justice. Auteur de 2 622 paris en ligne, le footballeur belge aurait, par ailleurs, misé sur 67 rencontres de son équipe, dont 4 où il affirmait qu’Anderlecht allait perdre le match. Alors qu’il risque une lourde amende, voire une suspension de son activité, Deschacht s’est défendu en rapportant que son frère utilisait son compte joueur pour placer des paris sur le sport.

Malheureusement, le Belge n’est pas le seul sportif à être rattrapé par la justice puisqu’en France, par exemple, les deux frères Karabatic, joueurs de handball, ont été condamné à 2 mois de prison avec sursis. En effet, suite à des soupçons de matchs truqués, la justice a découvert que des proches des joueurs auraient misé sur les adversaires des deux frères à plusieurs reprises. Bien évidemment, les paris ont été gagnants.

« [..] Il est facile de constater que certains sportifs professionnels, sont comme toutes autres personnes, accrocs aux jeux d’argent et aux paris sportifs. »

Dans le rugby ou dans le football, beaucoup de professionnels sont régulièrement sanctionnés pour avoir placé de nombreuses sommes d’argent sur des rencontres, comme dernièrement en Angleterre avec le cas de Joey Barton ou de Martin DeMichelis. En France aussi, la Ligue de Football Professionnel rappelle à l’ordre de nombreux joueurs, parfois bien connus, comme Cédric Carrasso, Valère Germain, ou encore, Jérôme Rothen, désormais retraité. Alors que nous savons cette pratique illégale, nous sommes en droit de nous interroger sur la perpétuité de ces paris sportifs.

Pourquoi les professionnels parient sur le sport ?

Dans un premier temps, il est facile de constater que certains sportifs professionnels, sont comme toutes autres personnes, accrocs aux jeux d’argent et aux paris sportifs. Selon une enquête du site internet, Slate.fr, certains athlètes se sentent rassurés dans l’univers des pronostics dans le sens où leurs connaissances pourraient leur permettre d’augmenter leurs chances de gagner. C’est notamment ce qui les pousse à miser sur leur propre équipe. Le joueur anglais de football, Joey Barton, a d’ailleurs fait parvenir un certificat médical avant son audition pour prouver son addiction aux paris sportifs. Pour d’autres, il semblerait que leur instinct de compétiteur refasse surface lorsque qu’ils pratiquent le pari sportif.

Enfin, nous pouvons aussi nous interroger sur les stratégies marketing des différentes marques de jeux d’argent. Alors que, quasiment tous les géants de l’industrie du pari sportif, possèdent des partenariats (ou sponsoring) avec les clubs professionnels de sport, certains n’hésitent pas à offrir des dotations aux athlètes. Comme les marques vestimentaires le font, les sociétés de paris donnent régulièrement des bonus ou des promotions aux sportifs pour jouer sur leur plateforme. Entre le poker, le pari hippique ou le pari sportif, la frontière est tellement étroite, que les sportifs peuvent se perdre en cours de route en misant sur leur équipe !